Le Vic-Bilh
Lorsque César nomme, dans la Guerre des Gaules, les principaux peuples d'Aquitaine, il laisse subsister une zone indécise entre le "Benearni" (Béarn) à l'ouest, et les "Biguerri" (Bigorre) à l'est. Cette zone correspond à peu près au Vic-Bilh d'aujourd'hui. Les terres du nord-est Béarn, Vicus vetulus (Vieux Pays), se situent aux frontières de l’Armagnac, du Tursan landais et de la Bigorre. Forteresse naturelle aux paysages variés et verdoyants, cette contrée servit longtemps de zone de protection face aux invasions. Le Vic-Bilh, constitué des cantons de Lembeye et de Garlin, serait la plus ancienne région administrative du Béarn et le berceau de certaines traditions béarnaises.
Architecture
Les maisons du Vic-Bilh se caractérisent par des toits à forte pente couverts de tuiles plates, de lucarnes-frontons et de génoises. Les constructions « en dur » utilisent les matériaux trouvés sur place : terre, galets...
Les façades :
L’orientation commande. La façade du logis cherche la meilleure exposition, vers l’est ou le sud, opposant aux vents mauvais d’ouest et de nord un appentis ou un mur aveugle. La construction est fortement polarisée et sa façade principale fait l’objet de toutes les attentions. Deux travées de fenêtres plus rarement quatre, encadrent la porte dans un souci de symétrie que vient souligner la lucarne-fronton. Les autres façades ne marquent aucune recherche de composition. Les façades latérales sont souvent rendues dissymétriques par la présence de l’appentis ; la façade arrière est percée au gré des seuls besoins.
Les matériaux :
Le secteur illustre parfaitement cette évolution générale des architectures rurales qui conduit à abandonner les matériaux organiques, abondants mais réputés moins durables, (murs de terre, encadrement de baies en bois, couvertures en chaume ou en bardeau…) au profit de la construction « en dur » (pierre ou brique et chaux, tuile et ardoise).
Les murs de terre crue, présents sous forme d’adobe, de pisé, ou, plus rarement, de torchis, ont été supplantés par des maçonneries, le plus souvent de galets, liées à la terre, puis à la chaux. Pour des raisons techniques autant qu’esthétiques, ceux-ci sont généralement recouverts d’un enduit. Les points sensibles de la construction, encadrements de portes et de fenêtres, angles de murs, cheminées… font appel à la pierre ou à la brique.
Dans le même temps, la tuile picon au nord, l’ardoise au sud, ont évincé le chaume d’abord des logis, puis des granges.
La lucarne-fronton :
La lucarne-fronton est l’élément le plus original de cette architecture. Campée à l’aplomb de la porte d’entrée, elle souligne vigoureusement l’axe de la façade et confère à celle-ci un caractère de distinction inattendu sur des ouvrages aussi modestes.
La lucarne-fronton est percée d’une petite baie, trop petite pour que l’on puisse lui attacher un rôle fonctionnel, tout au plus permet-elle de dispenser une faible lueur dans le comble. Sa vocation est essentiellement ornementale.
Dans le courant du XIXe siècle, ce qui était un motif singulier semble prendre son autonomie. Aussi voit-on des frontons multiples hérisser les corps de logis.
Décor et ornements :
La jonction du mur au toit est soulignée par une génoise de tuiles creuses maçonnées, souvent portées par des moulures de briques formant des ressauts successifs. Cette corniche, qui soutient les pieds de chevrons, contribue à protéger le mur en écartant les ruissellements des eaux de pluie. La génoise joue un rôle essentiel dans la décoration, déroulant un feston qui anime la tête du mur d’effets d’ombre et de lumière. Il est à noter que la génoise enveloppe la lucarne-fronton, qui se trouve ainsi fermement liée au mur.
Dans cette région où la pierre est rare et de médiocre qualité, la recherche ornementale s’est naturellement portée sur l’expression des enduits. En ce domaine, les maçons ont fait preuve d’une belle imagination, soulignant, par le contraste entre des parties lissées et grattées, claires et ocrées, les angles, les baies ou les corniches, quant ils ne recomposaient pas la façade par des bandeaux ou des panneaux. Parfois même, ils inscrivaient dans l’enduit des motifs décoratifs : cœurs, croix latines, « croix basques », rosaces, guirlandes…
A la fin du XIXe siècle, la brique s’est répandue, notamment à l’est du secteur. Les constructeurs ont su en tirer des effets ornementaux puissants, jouant du contraste coloré entre les éléments de structure en terre cuite (chaînes d’angle, corniches, encadrements…) et les panneaux de murs couverts d’un enduit clair.
Conchez-de-Béarn est un village qui possède une architecture béarnaise très marquée : http://conchezdebearn.blogspot.com/
- Maison Beulaygue (Origine XVIIIe siècle)
Maison acquise par le Sieur Paquaa en 1766. Devenue auberge, tenue par le Sieur Beulaygue (en béarnais "boit l'eau").
- Maison de Toulon (Origine XVIe siècle)
Maison appartenant en 1535 à Arnauton de Portet le Jeune, et en 1676 à Arnauton de Lacaze. Edifice transformé et agrandi d'une pièce à l'arrière en 1693. A l'intérieur, la cheminée date de 1517. La façade extérieure à fenêtre à meneaux en partie bouchée, ornée de pierres sculptées avec deux anges portant un écu sans ornement, et un écu avec les armes du Béarn.
- Demeure Daniel Brus actuellement habitation et Poste
(Origine XVIIIe siècle)
Demeure de la famille Brus, au XVIIIe siècle, grande famille de négociants, la plus riche de Conchez.
L’édifice fut construit en partie sur les fossés, organisée autour d’une petite cour fermée. Corps antérieur daté de 1721. Le corps Sud et la porte de la cage d’escalier furent aménagés en 1738. le corps nord date du 4e ¼ du XVIIIe siècle.
Wellington et le Maréchal Soult s’y seraient rencontrés en mars 1817 après la bataille de Cadillon (village voisin). Très belle terrasse couverte avec galerie de bois côté est.
- Maison Blandin (Origine XVIIIe siècle)
Grande famille bourgeoise de Conchez (Origine XVIIe siècle) qui comptait des avocats, des apothicaires , des maîtres chirurgiens… Famille que l’on retrouve à Diusse et à Thèze.
En 1780, Pierre Blandin, avocat, épouse Demoiselle Ursule Brus, sa voisine.
L’école de Conchez a occupé cette demeure jusqu’au regroupement scolaire de Diusse.
- Demeure de Hiton (Origine XVIe siècle)
Possession de la maison du XVIe au XVIIIe siècles : M. Bernard de Hiton, de Conchez, obtint le 17 août 1594 sa réception pour cette maison anoblie par lettres patentes. A leur tour, Jacques de Hiton, puis Théophile de Hiton, le 18 novembre 1670 furent reçus pour cette seigneurie. Celui-ci eut pour héritier M. Bertrand d’Anibeu de Coubloucq qui céda la maison de Hiton a M. Gabriel de Dadou, seigneur de Blachon. Malgré le procès qu’il avait avec M. Jean de Hiton, M. de Hiton, seigneur de Saint-Jean-Poudge fut reçu le 16 décembre 1685. La maison revint à la famille des Hiton dès 1718, avec Jean Alexandre de Hiton, puis son fils Charles. Enfin, Anne Pierre de Hiton, premier lieutenant au régiment de Beauharnais fut reçu aux états pour celle-ci, le 29 janvier 1788. La porte d’entrée et le gros œuvre datent du XVIIe siècle.
- Demeure Brumont actuellement presbytère
(Origine XVIIIe siècle)
Demeure ancienne, réaménagée au début du XVIIIe siècle englobant la maison voisine, dite BRUMONT-TOULON (XVIIe siècle). La partie droite était passée aux DE SAINT-MARTIN, seigneurs d’Hagetaubin. Les DE BRUMONT-DISSE étaient seigneurs de Conchez. Jean DE BRUMONT fut un célèbre médecin du thermalisme au XVIIIe siècle.
La demeure fut donnée à la commune en 1832 par la famille DE BRUMONT-DISSE pour devenir presbytère, sa destination actuelle.
L’ensemble est composé de 3 corps de bâtiments disposés en U avec une cour ouverte sur la place et pavillon central. Les bâtiments furent redivisés probablement vers 1783, avant 1794. La partie de gauche présente un décor intérieur datant de 1783 : dans la salle à manger, une armoire servant de boisure et plusieurs cheminées à manteau de bois sculpté et hotte stuquée (1783)…
- Maison Lamothe Maucau (Origine XIXe siècle)
M. Lamothe-Maucau était apothicaire de Conchez au XVIIIe siècle.
Construite en partie sur les fossés, cette maison était dissimulée derrière une autre bâtisse disparue.
- Demeure « Epicerie » (Origine XVIIIe siècle)
Ancienne épicerie de Conchez.
- Demeure d’Artigalas Blandin (Origine XVIIIe siècle)
Maître-chirurgien, allié aux Blandin, autre famille bourgeoise qui avait sa résidence à Conchez.
Cette demeure figurait déjà sur le parcellaire de 1676. Agrandie et réaménagée probablement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle (façade).
En 1769, Jacques Blandin, notaire royal, épouse dame Jeanne d’Artigalas.
Une partie de la galerie de bois subsiste à l’ouest.
Un pays de bastides
Créées dans le Sud-Ouest de la France aux XIIIe et XIVe siècles, ces villes nouvelles présentent certaines spécificités. Elles s'appuient tout d'abord sur un plan régulier. Vous remarquerez ainsi que les rues, parallèles et perpendiculaires, s'organisent autour d'une place centrale à arcades.
Une bastide constituait un espace strictement réglementé par une charte des "coutumes", précisant les prérogatives du seigneur, ainsi que les droits et devoirs accordés aux habitants par l'autorité fondatrice. Ces bastides pouvaient avoir une vocation commerciale (foires et marchés sur la place centrale), économique (espace fiscalisé), militaire (certaines furent fortifiées), politique (renforcement du pouvoir du seigneur)...
Lembeye :
Le dicton dit « Lembeye, touts que l’embeyen » (Lembeye, tous l’envient). Cette ville aux allures de bastide, dont le nom signifie « Envie », fut fondée en 1286.
La tour-porte, de briques et de galets, reste le principal vestige du système de défense de Lembeye. Vous pourrez également admirer le portail flamboyant de son église gothique, ainsi que la porte des cagots, aujourd’hui condamnée.
Garlin :
En 1302, la vicomtesse de Béarn, Marguerite, créa une bastide pour renforcer la frontière. La situation à proximité des terres anglaises provoqua les protestations des enquêteurs désignés par Edouard II d’Angleterre, qui prétendirent que la bastide « avait été construite sur la terre du duché d’Aquitaine », alors sous leur obédience, ce qui fut reconnu inexact.
La bastide fut ceinturée par une palissade, un fossé et un remblai. Des portes furent construites : la première près de l’actuelle église, au sud de la rue principale carrere aforade, ouvrant sur le marché aux bestiaux extérieur le marcadieu; la seconde à l’extrémité de la rue Victor Lefranc ; la troisième au nord-est à l’issue de la carrere aforade débouchant que la route d’Aire. En 1385 le recensement de Gaston Fébus mentionne un gardien des portes (Pé porter, Pierre le portier).
De la bastide ne subsistent que peu de choses : le nom du quartier des « Embarrats » évoque les remparts disparus.
A voir :
- Château de Hitton (XVIIe et XVIIIe siècles) : actuellement mairie, construit par la famille Hitton; boiseries Louis XIV.
- Ancien couvent des Capucins (Fin XVIIe siècle, début XVIIIe) ; il a entre autres servi de mairie à partir de la fin du XVIIIe.
- Maison typique du XV-XVIe siècle avec ses arcades.
